Une scène ancienne, longtemps passée inaperçue, vient d’être documentée dans une grotte de la province de Nong Bua Lamphu, dans le nord-est de la Thaïlande. Les archéologues y ont identifié plusieurs peintures rupestres représentant notamment un bovidé sauvage, quatre singes grimpant parmi des lianes et des empreintes de mains.
La découverte concerne la grotte de Tham Thammasan, située dans le complexe de Pha Wiang, dans le district de Na Wang. Elle a été signalée puis examinée par une équipe de cinq archéologues du bureau régional 8 du département des Beaux-Arts, basé à Khon Kaen. L’annonce a été relayée le 7 septembre 2026 par le service de relations publiques du gouvernement thaïlandais.
Une scène animale inhabituelle
Les figures les plus remarquables sont celles d’un grand bovidé et de quatre singes représentés sur la paroi rocheuse. Les animaux apparaissent au milieu de motifs évoquant des lianes ou de la végétation. Deux ensembles d’empreintes de mains ont également été repérés, ainsi que des peintures superposées, ce qui indique que la paroi a probablement été utilisée à plusieurs périodes.
Les spécialistes restent prudents sur l’interprétation de la scène. Elle pourrait refléter l’environnement observé par les populations qui fréquentaient la grotte, des pratiques liées à la chasse ou encore une dimension rituelle. À ce stade, aucune de ces hypothèses ne peut être considérée comme établie.
La représentation d’animaux familiers dans l’art rupestre préhistorique n’est pas exceptionnelle en Thaïlande. Ce qui rend le site de Pha Wiang particulièrement intéressant est l’association entre plusieurs singes, un bovidé sauvage, des empreintes humaines et des couches de peinture différentes sur un même espace. Cette combinaison offre aux archéologues plusieurs indices pour reconstituer les usages successifs de la grotte.
Une datation encore à préciser
Les premières estimations disponibles ne sont pas parfaitement identiques. Le service de relations publiques du gouvernement thaïlandais évoque une période comprise entre environ 1 500 et 3 500 ans. Des médias thaïlandais citant les archéologues avancent, eux, une fourchette plus ancienne, autour de 3 500 à 4 000 ans.
Cette différence ne signifie pas que les peintures sont contestées. Elle rappelle surtout que leur âge n’a pas encore été fixé par une étude scientifique définitive. Les autorités indiquent que des recherches complémentaires seront nécessaires pour déterminer plus précisément la chronologie et la signification des motifs.
La superposition de plusieurs images complique également l’analyse. Certaines peintures semblent avoir été ajoutées par-dessus des marques plus anciennes. Les chercheurs devront donc distinguer les différentes phases d’occupation et éviter d’attribuer l’ensemble de la paroi à une seule période.
Des indices sur les échanges dans l’Isaan
Les archéologues ont aussi relevé des fragments de poterie portant des motifs incisés. Leur aspect présente des similitudes avec des artefacts connus du site de Ban Chiang, dans la province voisine d’Udon Thani, un important site archéologique de l’âge du bronze.
Cette ressemblance ne prouve pas à elle seule l’existence d’un lien direct entre les occupants de Pha Wiang et ceux de Ban Chiang. Elle alimente toutefois l’hypothèse d’une circulation d’objets, de techniques ou de traditions entre plusieurs communautés de l’actuel nord-est thaïlandais.
Le site pourrait ainsi s’inscrire dans un ensemble culturel plus vaste reliant des zones situées entre la province de Loei, le site de Phu Phrabat à Udon Thani et Nong Bua Lamphu. Cette proposition reste une piste de recherche, et non une conclusion définitive.
Pourquoi cette découverte compte
Les peintures de Pha Wiang ne constituent pas seulement une curiosité visuelle. Elles peuvent contribuer à mieux comprendre les animaux présents dans le paysage ancien, les déplacements des populations et la manière dont certaines grottes étaient utilisées.
Les quatre singes représentés sur la paroi sont particulièrement intéressants, car leur identification précise devra être examinée par les spécialistes. Il n’est pas possible, sur la seule base des premières images publiées, de déterminer avec certitude l’espèce représentée ni de savoir si la scène reproduit une observation réelle.
La découverte rappelle également que le patrimoine préhistorique thaïlandais ne se limite pas aux sites les plus connus, comme Ban Chiang ou les peintures rupestres de Pha Taem. Des parois encore peu documentées peuvent subsister dans des zones rurales et montagneuses, parfois à proximité de lieux déjà fréquentés par les communautés locales.
À retenir
- De nouvelles peintures rupestres ont été documentées dans la grotte de Tham Thammasan, au sein du complexe de Pha Wiang, à Nong Bua Lamphu.
- Les motifs comprennent un bovidé sauvage, quatre singes, des végétaux et des empreintes de mains.
- Les premières estimations disponibles situent les peintures dans une période allant d’environ 1 500 à 4 000 ans, mais la datation doit encore être précisée.
- Des fragments de poterie aux motifs incisés pourraient présenter des liens avec la tradition archéologique de Ban Chiang.
- Les interprétations liées à la chasse, aux rituels ou à la transmission des connaissances restent des hypothèses.
Le regard d’Aura Nova
L’intérêt de Pha Wiang tient moins à l’effet spectaculaire de la découverte qu’à ce qu’elle révèle de la recherche archéologique en Thaïlande. Une paroi apparemment discrète peut encore modifier la compréhension des circulations humaines et des paysages de l’Isaan ancien.
La prudence est toutefois essentielle. Tant que la datation, l’identification des animaux et la fonction exacte du site n’auront pas été étudiées plus en détail, ces peintures doivent être présentées comme un nouvel indice, et non comme la preuve définitive d’une scène de chasse ou d’un itinéraire culturel précis.
Sources
- Government Public Relations Department of Thailand — New Prehistoric Rock Paintings Discovered at Pha Wiang in Northeastern Thailand, 7 septembre 2026
- Matichon — กรมศิลป์ เร่งสำรวจภาพเขียนสีโบราณ ถ้ำผาเวียง หนองบัวลำภู พบขวานหิน-ลูกปัดสี เพิ่ม, 6 septembre 2026
- Thai Rath — เจ้าหน้าที่กรมศิลปากร ลุยป่าเข้าถ้ำตรวจสอบภาพเขียนสีแห่งใหม่, 5 septembre 2026
