À Phuket, une étude mesure les limites de la nouvelle aire marine protégée des îles Racha

Une étude publiée le 24 septembre 2026 dans la revue scientifique Environmental Management évalue pour la première fois de manière détaillée la gestion de l’aire marine protégée des îles Racha, au sud de Phuket. Créée en 2023 dans une zone de récifs…

Une étude publiée le 24 septembre 2026 dans la revue scientifique Environmental Management évalue pour la première fois de manière détaillée la gestion de l’aire marine protégée des îles Racha, au sud de Phuket. Créée en 2023 dans une zone de récifs coralliens très fréquentée par le tourisme, elle obtient un niveau d’efficacité global de 54,3 %. Les chercheurs parlent d’une performance « modérée » : le cadre légal existe et plusieurs actions ont été engagées, mais les moyens humains, financiers et techniques restent insuffisants pour démontrer des résultats durables sur la biodiversité.

Cette publication constitue un nouveau sujet pour la Thaïlande, car elle ne se limite pas à annoncer une mesure de conservation. Elle examine concrètement ce qui fonctionne, ce qui bloque et ce qui manque encore sur le terrain.

Une aire protégée créée pour encadrer une zone touristique

L’aire marine protégée des îles Racha comprend Koh Racha Yai et Koh Racha Noi, dans la mer d’Andaman, à environ 21 à 25 kilomètres au sud de Phuket. Elle couvre 375,359 kilomètres carrés, selon les limites réglementaires citées dans l’étude.

Racha Yai accueille une petite communauté résidente ainsi que des hébergements, des restaurants et des activités liées au tourisme. Racha Noi est inhabitée, mais fréquentée pour la plongée, le snorkeling et d’autres loisirs marins. Les deux îles abritent des écosystèmes coralliens soumis à une forte pression touristique.

L’aire protégée est administrée principalement par le centre de gestion des îles Racha, placé sous l’autorité du Département des ressources marines et côtières thaïlandais. Ses missions comprennent la surveillance écologique, le contrôle des activités, la restauration, la communication auprès du public et la coordination avec les acteurs locaux.

Une note globale moyenne, mais des écarts importants

Pour évaluer la situation, les chercheurs ont utilisé le cadre de référence de l’Union internationale pour la conservation de la nature et de sa Commission mondiale des aires protégées. Ils ont analysé des documents, des données de suivi écologique, des observations de terrain ainsi que les réponses de 69 personnes : 50 usagers locaux ou professionnels du tourisme et 19 représentants d’institutions.

L’évaluation porte sur six dimensions. Le contexte obtient le meilleur résultat, avec 73,3 %, ce qui traduit notamment l’existence d’une base juridique claire. Les résultats opérationnels atteignent 66,7 %, car de nombreuses activités prévues ont bien été réalisées.

Le principal point faible concerne les moyens disponibles, avec seulement 33,3 %. L’étude mentionne des limites en matière de financement, d’effectifs et d’équipements. Les processus de gestion restent également incomplets, tandis que les résultats écologiques et socio-économiques demeurent difficiles à mesurer.

La performance globale de 54,3 % ne signifie donc pas que la moitié des récifs serait protégée ou dégradée. Il s’agit d’un indicateur de gestion, construit à partir de plusieurs critères administratifs, opérationnels et environnementaux. Il ne constitue pas une mesure directe de l’état de la biodiversité.

Ce que l’étude ne permet pas encore de conclure

Les auteurs insistent sur une limite essentielle : l’aire marine protégée n’existe officiellement que depuis 2023 et l’évaluation s’appuie principalement sur des informations recueillies entre mai et octobre 2025. La période est trop courte pour établir avec certitude une amélioration ou une dégradation causée par la nouvelle réglementation.

Les menaces perçues par les personnes interrogées sont globalement restées inchangées. Les tendances écologiques diffèrent selon les sites et les preuves d’une évolution socio-économique restent limitées. L’absence de référence complète avant la création de l’aire protégée complique également les comparaisons.

L’étude ne conclut donc ni à l’échec de la protection ni à la restauration des récifs. Elle fournit plutôt un état des lieux initial, destiné à servir de référence pour les prochaines années.

Le tourisme reste le principal défi de gestion

Dans ce secteur, les activités touristiques s’accompagnent d’une circulation importante de bateaux, de plongées et de visites répétées des récifs. Le Département des ressources marines et côtières identifie notamment le mouillage sur les coraux, le piétinement, le nourrissage des poissons, les déchets et les rejets d’eaux usées comme des risques pour les écosystèmes de Koh Racha.

En mars 2026, l’administration a installé environ 700 mètres de bouées de délimitation autour de zones sensibles de Koh Racha Yai et Koh Racha Noi, ainsi que cinq panneaux consacrés au stationnement des bateaux. Cette mesure vise à réduire les dommages liés aux activités nautiques. Elle ne constitue toutefois qu’un élément de la gestion globale évaluée par la nouvelle étude.

Pour les chercheurs, l’étape suivante doit être la mise en place d’un plan spécifique aux îles Racha, élaboré avec les habitants, les opérateurs touristiques et les autres usagers. Le plan général quinquennal applicable aux aires marines protégées fournit une base administrative, mais il ne tient pas encore suffisamment compte des conditions écologiques locales et de l’intensité du tourisme sur ce site.

Ce qu’il faut retenir

  • L’aire marine protégée des îles Racha, au sud de Phuket, a été créée en 2023.
  • Une étude publiée le 24 septembre 2026 lui attribue une efficacité globale de 54,3 %, considérée comme modérée.
  • Le cadre légal et plusieurs actions de gestion sont en place, mais les moyens humains, financiers et techniques sont le principal point faible.
  • La publication ne démontre pas encore d’amélioration écologique durable, car le recul historique et le suivi à long terme restent insuffisants.
  • Les prochaines priorités sont un financement plus prévisible, davantage de personnel, un plan adapté au site et des indicateurs écologiques et sociaux régulièrement suivis.

Pourquoi cette découverte compte

La publication rappelle qu’une aire marine protégée ne devient pas automatiquement efficace au moment de sa création officielle. La loi, les bouées et les opérations de contrôle sont nécessaires, mais elles doivent être accompagnées de moyens durables, de règles compréhensibles par les usagers et de données permettant de vérifier les résultats.

Pour les récifs très fréquentés de Phuket, cette distinction est particulièrement importante. Elle permet de mesurer la conservation autrement que par le seul nombre de kilomètres carrés placés sous protection.

Le regard d’Aura Nova

Le point le plus utile de cette étude est sa prudence. Elle ne transforme pas une nouvelle aire protégée en succès automatique, mais elle ne la présente pas non plus comme un échec. Elle montre une phase intermédiaire : les institutions ont commencé à agir, tandis que les moyens et les preuves de résultats n’ont pas encore suivi.

Pour les visiteurs, la conclusion est simple : respecter les zones balisées, éviter tout contact avec les coraux, ne pas nourrir les poissons et suivre les consignes des opérateurs ne sont pas de simples gestes de courtoisie. Ce sont des conditions concrètes pour que la protection annoncée puisse produire des effets mesurables dans le temps.

Sources

  1. Environmental Management — étude sur l’efficacité de gestion de l’aire marine protégée des îles Racha, publiée le 24 septembre 2026
  2. Département des ressources marines et côtières — installation de bouées et de panneaux autour des îles Racha, mars 2026
  3. Département des ressources marines et côtières — présentation des enjeux et menaces pesant sur l’aire protégée de Koh Racha

Sources

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