Une partie des eaux autour de Koh Lan, au large de Pattaya, a pris une teinte verte inhabituelle entre le 30 septembre et le 1er octobre 2026. Le phénomène est attribué, à ce stade, à une prolifération rapide de plancton marin, favorisée par les fortes pluies et les apports d’eau douce, de sédiments et de nutriments depuis les terres. Des chercheurs de l’Institut des sciences marines de l’université de Burapha ont effectué des prélèvements afin d’identifier précisément les organismes présents et d’évaluer la qualité de l’eau.
Une coloration localisée après plusieurs jours de pluie
Le changement de couleur a été observé sur plusieurs portions du littoral de Koh Lan, notamment près de la plage de Tawaen. Les images diffusées les 30 septembre et 1er octobre montrent une eau vert vif ou vert foncé dans certaines zones, tandis que d’autres secteurs de l’île ont conservé une apparence habituelle.
Cette répartition irrégulière est compatible avec un phénomène lié aux courants, au vent et à la concentration variable du plancton. Selon les informations relayées par le gouvernement thaïlandais, la région de Pattaya avait connu de fortes pluies, des vents soutenus et des conditions météorologiques instables. Ces épisodes peuvent entraîner vers la mer une quantité accrue d’eau douce, de matières en suspension et de nutriments.
Ces éléments ne suffisent toutefois pas à établir, à eux seuls, l’origine exacte du bloom. Les analyses de laboratoire sont nécessaires pour confirmer les espèces présentes et mesurer les paramètres de l’eau.
Une identification encore préliminaire
Arvut Munhapon, chercheur principal chargé de la recherche sur l’environnement marin à l’Institut des sciences marines de Burapha, a indiqué à Reuters que la couleur observée à l’œil nu semblait liée à un plancton du genre Noctiluca. Une équipe de quatre chercheurs était présente sur le terrain pour recueillir des échantillons, mesurer la qualité de l’eau et établir une identification plus précise.
Cette nuance est importante : dans les informations disponibles le 2 octobre, il s’agit d’une identification de terrain en cours de vérification, et non encore d’un résultat complet publié après analyse. Le phénomène peut donc être décrit comme un bloom de plancton probablement associé à Noctiluca, mais il serait prématuré d’en tirer des conclusions définitives sur sa composition ou sa toxicité.
Pourquoi l’eau peut-elle devenir verte ?
Un bloom correspond à une multiplication rapide d’organismes microscopiques présents dans l’eau. Dans les zones côtières, cette croissance peut être stimulée par une combinaison de facteurs : température, lumière, stabilité de la colonne d’eau, courants et disponibilité de nutriments.
Après de fortes pluies, le ruissellement peut transporter vers le littoral des nutriments provenant des sols, des zones agricoles, des canaux ou des espaces urbanisés. Ces apports peuvent favoriser temporairement la croissance du plancton. Les scientifiques interrogés par Reuters ont également souligné que les activités humaines, notamment les rejets agricoles ou industriels, peuvent renforcer certains blooms lorsqu’elles augmentent la quantité de nutriments disponible dans le milieu marin.
La présence d’une eau verte ne permet cependant pas de conclure automatiquement à une pollution par des eaux usées. Elle ne permet pas non plus de garantir que l’eau est sans risque. Seules des analyses ciblées peuvent déterminer la qualité sanitaire et écologique de la zone concernée.
Un phénomène naturel, mais pas sans conséquences
Les blooms planctoniques peuvent se produire naturellement dans les eaux côtières thaïlandaises, en particulier pendant la saison des pluies. Ils peuvent aussi disparaître lorsque les conditions météorologiques, la circulation de l’eau et la disponibilité des nutriments changent.
Le principal risque écologique apparaît lorsque la biomasse accumulée meurt et se décompose. Cette décomposition consomme de l’oxygène dissous. Dans certaines circonstances, la baisse de l’oxygène peut créer des zones hypoxiques, parfois appelées « zones mortes », défavorables aux poissons et à d’autres organismes marins. L’ampleur de ce risque dépend de la densité du bloom, de sa durée, de la circulation de l’eau et de la capacité du milieu à se renouveler.
Dans le cas de Koh Lan, les chercheurs poursuivent leurs mesures. Les informations disponibles ne permettent pas encore de conclure à une mortalité massive de poissons ou à un impact durable sur les écosystèmes de l’île.
Ce que cela change pour les visiteurs
Les visiteurs doivent éviter de considérer la couleur de l’eau comme une preuve suffisante de danger ou d’innocuité. Une eau verdâtre peut être liée à un phénomène naturel, mais sa qualité doit être vérifiée localement. Il est prudent de suivre les consignes des autorités et des opérateurs présents sur l’île, surtout dans les zones où l’eau est fortement colorée ou dégage une odeur inhabituelle.
Le phénomène étant localisé et susceptible d’évoluer rapidement, l’état d’une plage peut différer de celui d’une autre. Les personnes qui prévoient une activité nautique doivent donc vérifier la situation le jour même, plutôt que de se fier à des images prises plusieurs heures auparavant.
À retenir
- Une partie des eaux de Koh Lan est devenue verte après plusieurs jours de fortes pluies.
- Les premières observations orientent vers un bloom de plancton, possiblement associé au genre Noctiluca.
- Cette identification reste en cours de confirmation par des analyses de laboratoire.
- Les pluies, le ruissellement et l’apport de nutriments peuvent favoriser ce type de prolifération.
- La couleur verte ne prouve ni une pollution par des eaux usées ni l’absence de risque sanitaire.
Pourquoi cette observation compte
Au-delà de son aspect spectaculaire, cet épisode rappelle la sensibilité des eaux côtières du golfe de Thaïlande aux apports venus des terres. Il montre aussi l’importance d’un suivi scientifique régulier : pour comprendre un bloom, il faut identifier les organismes présents, mesurer l’oxygène et les nutriments, suivre son évolution et distinguer un phénomène naturel ponctuel d’un signal de dégradation plus durable du milieu marin.
Le regard d’Aura Nova
La prudence est de mise face aux images d’une mer devenue verte. Le phénomène est suffisamment réel pour justifier des prélèvements et une surveillance, mais les premières observations ne doivent pas être transformées en diagnostic définitif. À Koh Lan, l’enjeu n’est pas seulement de savoir pourquoi l’eau a changé de couleur : il faut aussi déterminer combien de temps le bloom durera, quelle sera sa composition exacte et si les conditions locales révèlent une pression croissante des apports de nutriments dans le golfe.
Sources
- NBT CONNEXT — La mer de Koh Lan devient verte après les fortes pluies, 30 septembre 2026
- Reuters — Plankton bloom turns Thai island waters a bright, smelly green, 2 octobre 2026
- Department of Marine and Coastal Resources — Explication scientifique d’un bloom de plancton et de la coloration de l’eau
