À Kalasin, des responsables communautaires apprennent à raconter leur propre patrimoine

À Kalasin, dans le nord-est de la Thaïlande, une formation organisée les 1er et 2 octobre 2026 cherche à faire émerger de nouveaux « communicants culturels » issus des quartiers eux-mêmes. Plus de trente responsables communautaires de la municipalité de Kalasin participent…

À Kalasin, dans le nord-est de la Thaïlande, une formation organisée les 1er et 2 octobre 2026 cherche à faire émerger de nouveaux « communicants culturels » issus des quartiers eux-mêmes. Plus de trente responsables communautaires de la municipalité de Kalasin participent à des ateliers consacrés au récit local, à la production de contenus et à la mise en valeur des savoir-faire régionaux.

L’initiative est portée par une équipe de l’Université de Kalasin, autour de la faculté des arts libéraux et de chercheurs engagés dans la communication au service du développement local. Le programme, présenté sous le titre thaï « Tid Pak Nak Suesan Watthanatham », peut être compris comme une invitation à « planter » ou à ancrer une nouvelle génération de narrateurs de la culture locale.

Donner aux habitants les outils pour parler de leur territoire

La formation se déroule au centre de développement de la qualité de vie des personnes âgées et des personnes handicapées, installé au temple Wat Tai Pho Kham. Le choix du lieu souligne la dimension communautaire du projet : il ne s’agit pas uniquement de former des professionnels de la communication, mais d’associer des personnes déjà impliquées dans la vie quotidienne de la ville.

Les participants apprennent notamment à identifier les ressources culturelles de leur environnement, à les raconter, puis à produire des supports destinés à leur diffusion. La démarche comprend également une initiation à la communication interculturelle, présentée comme un moyen d’expliquer les particularités locales à des publics qui ne les connaissent pas forcément.

Selon le compte rendu publié par Thai PBS C-Site, l’objectif est de permettre aux responsables communautaires de faire connaître les atouts de Kalasin et de contribuer à transformer ce patrimoine en valeur économique de manière durable. Le projet ne présente donc pas la culture comme un simple décor pour visiteurs : il la relie à la capacité des habitants à documenter, interpréter et transmettre leur propre environnement.

Un exemple concret : le sac des femmes phu thai

Les exercices proposés pendant la formation partent d’éléments familiers. L’un d’eux porte sur le thong, un sac traditionnel associé aux populations phu thai de Kalasin. Le terme désigne un accessoire autrefois utilisé dans la vie quotidienne et qui fait aujourd’hui l’objet d’adaptations destinées à répondre aux usages contemporains.

Le compte rendu de la formation indique que le sac est notamment repensé dans des formats plus petits et avec des couleurs plus vives. Cet exemple permet d’aborder plusieurs questions à la fois : comment expliquer l’histoire d’un objet, comment éviter de le réduire à une image folklorique et comment montrer les transformations qu’il connaît dans la société actuelle.

Ce type d’exercice est important pour les publics francophones, car il rappelle qu’un objet culturel n’est pas nécessairement figé. Les pratiques, les formes et les usages peuvent évoluer sans que cela signifie automatiquement la disparition de la tradition. Encore faut-il que les changements soient racontés avec précision et que les communautés concernées conservent une place centrale dans cette interprétation.

Une démarche liée à la communication locale

Cette formation s’inscrit dans un mouvement plus large observé en Thaïlande : des universités régionales travaillent avec des collectivités, des associations et des groupes d’habitants pour documenter les ressources culturelles et les relier au développement des territoires.

À Kalasin, l’université a déjà développé des coopérations autour de la communication, de la culture contemporaine, du tourisme et de la formation professionnelle. Elle a également présenté des projets visant à rapprocher les savoirs universitaires des besoins locaux. Ces éléments constituent un contexte, mais ne permettent pas à eux seuls de mesurer les résultats de la session organisée cette semaine : aucune évaluation publique de son impact n’a encore été publiée.

Il est donc préférable de parler d’une initiative de formation plutôt que d’un programme déjà installé à l’échelle de toute la province. Les sources disponibles confirment la tenue des ateliers et leurs objectifs, mais elles ne fournissent pas encore d’informations détaillées sur les contenus produits par les participants, leur diffusion future ou les revenus éventuellement générés.

Ce que cela peut changer pour les visiteurs

Pour les visiteurs thaïlandais comme étrangers, l’existence de médiateurs issus des communautés peut améliorer la compréhension des lieux et des objets. Un récit produit localement peut apporter des nuances qu’une présentation touristique standardisée laisse parfois de côté : l’origine d’un savoir-faire, les mots utilisés par les habitants, les transformations récentes ou les débats autour de sa commercialisation.

Pour les habitants, l’enjeu est différent. La formation peut aider à mieux valoriser des pratiques qui restent peu visibles à l’échelle nationale, tout en donnant aux jeunes générations des outils pour les présenter sur les réseaux sociaux, dans des expositions ou dans des parcours de découverte. Mais cette valorisation devra éviter deux écueils : l’appropriation extérieure des récits locaux et la transformation de toute pratique culturelle en produit touristique.

À retenir

  • Plus de trente responsables communautaires de la municipalité de Kalasin participent les 1er et 2 octobre 2026 à une formation consacrée à la communication culturelle.
  • Le projet est porté par des enseignants et chercheurs de l’Université de Kalasin.
  • Les participants travaillent sur le récit local, la production de contenus et la communication interculturelle.
  • Le sac traditionnel phu thai, appelé thong, sert d’exemple pour réfléchir à l’évolution des objets culturels.
  • Les sources disponibles confirment le lancement de la formation, mais pas encore ses résultats à long terme.

Ce que cela révèle de la société thaïlandaise

Cette initiative montre que la transmission culturelle ne passe plus seulement par les institutions patrimoniales ou les manifestations traditionnelles. Elle passe aussi par la capacité des habitants à produire leurs propres récits et à les diffuser dans des formats contemporains.

Le regard d’Aura Nova

Le point le plus intéressant n’est pas seulement l’apprentissage des techniques de communication. Il réside dans le déplacement du rôle de narrateur : le patrimoine de Kalasin est présenté comme une matière que les communautés peuvent expliquer elles-mêmes, avec leurs propres mots et leurs propres priorités. Cette approche mérite d’être suivie, à condition que la recherche de visibilité et de revenus reste compatible avec la précision des récits et le respect des groupes concernés.

Sources

Les informations disponibles sur cette formation restent limitées à un compte rendu de terrain et au contexte institutionnel fourni par l’Université de Kalasin. Aura Nova ne présente donc pas encore de bilan de résultats qui n’aurait pas été publié.

Sources

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